• Je respire pour la première fois de la journée.

    J'ai marché beaucoup, mais je n'ai pas avancé d'un pouce. Je pense à elle. A l'Italie. A son Italie. Mes rêves. Ce qui reste possible. Vivant. Sublime.

    Je me revois. Je pense à ce que je dirai vendredi. Je me sens vivant et mort. Je ne sens plus rien du passé aussi bien qu'avant. Je revois cette cellule à Hauterive. Je regarde ma chambre, mon lit. Ce que je n'utilise jamais. Les cols trop hauts, les habits neufs. J'en ai bien assez pour ce soir. J'ai trop appris. Trop mangé.

    Laisse-moi seul. J'aimerais parler au monsieur qui se tient la tête.


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  • Moi. La demoiselle. Je l'ai aimée sans attendre. Je lui ai dit : « La fumée de votre cigarette m'importune. » Son regard était doux. Tout doux. Doux comme les nuages de mes rêves. Doux comme une peau fraîche.

    Le toucher simple d'une main qui tisse des harmonies gracieuses dans ma nuque, j'échange mon piano contre ton toucher, les cordes de ma vielle grâce à toi. Les instruments s'accordent et la symphonie d'un monde nouveau m'emporte loin les étoiles.

    Je tais les mots. Entre nous, c'était toi.


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  • Je pense à la perspective du passé, à tous ceux qui ont la vue sur le lac, qui ignorent la beauté, ou qui ne peuvent pas la voir. Je pense au ciel de chaque existence, à la conscience que seul altère le présent. A toute cette confusion. A la fleur qui s'en fout. A cette fleur qui grandit.

    Je regarde le ciel qui s'habille, lentement, qui se laisse disparaître. Je te regarde, trop intime pour te voir, pour te voir vraiment. Si tu étais ce ciel, je te couvrirais de mes baisers les plus...

    Je pense aux nouveautés. A celle qui m'a dit : "Tu n'es pas seul." Je laisse les pensées venir. Je ne pense rien. Ce sont elles qui me choisissent. L'arbre ne demande rien. A lui viennent les rayons, les gouttes de pluie, les fruits. Il n'y fait rien. Il n'y peut rien. Et nous ? Et toi ? Que fais-tu pour ne rien faire ? Comment te laisses-tu grandir ? Quelle prise lâches-tu enfin ?


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  • Toutes les merveilles sont à porter. Il suffit de tendre le bras. Les bras. Il suffit d'être attentif pour que chaque chose se passe.

    Et l'enfant, et la fille, les énergies subtiles, l'amour suit le chemin le plus court. Je sais. Je sais encore. Tout ce qui est, et sera.

    Voilà une vérité éphémère. L'ombre de la gare, le contour de cette montagne, le bleu d'émois, ces plages de couleurs solaires, le reflet de la neige d'ici, ce que mes yeux veulent bien voir.

    Plus bas, les énergies subtiles (encore!), le fin du fin : le petit enfant. Le gosse que je vois, puis que je regarde, enfin que j'aime. C'est moi, dans toutes mes détresses. Simple, juste là, avec cette blondeur comme appât, le brillant du bleu de l'œil à la frontière d'iris.

    Le dessin de la campagne, les contours qui défilent les allures vives.

    Tout ce que mon œil sait avoir. Le fin, des poils de cette plaine lisse chaque arbre de l'hiver, les chemins fantômes, les lignes claires qui veulent briller quelques heures du soir. Le tunnel, ce noir de l'enfance dont je n'ai pas souvenir.

    Avec Amalita, les heures joyeuses, ces secondes relatives et pourtant si pleines. Si denses. Tout s'éclaire. L'évidence. Tout est simple. Ou bien possible encore. Et le jour, et la ligne que chacun suit à son tour. Le regard, la main qui passe les cheveux sur l'oreille, la lèvre tendue comme un amour simplement possible. Chaque partie nécessaire se prépare à un essentiel accord.

    L'accord si simple de la grammaire humaine. Les essentiels.


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  • Ma part des choses,
    des barreaux si clairs
    dans lesquels j'évade
    le temps de lire ton mot

    et mes artères ne font qu'un tour
    celui de mon sang
    qui cherche une veine issue
    du cœur que j'aimerai te tendre.

    Tendre
    comme tes joues
    un steak au beurre.

    Je suis végétarien.
     


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