• De la lumière
    j'ai vu le jour,
    couleur blanche,
    verveine délicate
    la peau du bras.

    L'histoire ouvre
    plus encore,
    et je reste
    les yeux des éponges
    à la chaleur du monde.

    Un peu seul,
    seulement là,
    mes petites laines
    une cage en verre,
    à l'endroit
    qu'elle pose à peine
    et que je prends déjà.

    Il reste un geste
    et je n'ai plus rien à faire.


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  • Des nouvelles habitudes. Des nouveaux visages. Tout s'explique par la saison qui avance. Elle avance, avec une tension grandissante, presque imperceptible encore pour l'instant. Peu perceptible, disons.

    Saison, c'est quoi ? Qui décide saison ?

    Le vieux volatile ? Ce gris qui pèse chaque jour un peu plus et se balance d'un jour l'autre le crâne plus léger ? C'est étrange !

    Dix ans ont passé. Dix ans passent chaque jour, et le manteau d'effroi ne laisse aucune certitude. Que le soleil trop beau. Sûrement s'est-il trompé : Il n'a rien à faire là. Il n'a rien à venir égayer cette journée. Trop beau pour être vrai.

    Peut-être que c'est moi qui voit ce soleil et qu'il n'existe pas bien.

    ***
    Les trois demoiselles, à nouveau. Fumeuses. Et le type en jaune, fumeur.


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  • Dans la foule qui va, dans celle qui vient, dans les pas qui se roulent, les jeunes, les femmes -toutes aussi belles-  je reste dans un écart de temps. L'inspir. Quelques heures d'un répit que j'aimerais plus souvent.

    Le répit. La fumée bleue. Les rêves d'enfant, donc les douleurs. Les paroles en l'air que personne n'empêche de s'envoler, que personne n'empêche même de sortir des bouches. Et toujours les mains, ces mains qui choisissent des gestes qui deviennent des mots, des paroles en l'air.

    Il me semble qu'il n'y a plus rien à respirer dans l'air que des paroles et des mots. Il me semble que mes poumons saturent, que j'aimerais fuir tout ce sens qui plane un peu comme une brume automnale. Un peu comme ce spleen.

    Les mots tombent. Les feuilles tombent. C'est la chute des saisons.


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  • Rester à l'aise.

    Un monde à l'autre.

    Serrer les bras,
    la chaleur du monde,

    penser à toi.

    L'attraction de cette terre qui me rappelle à cette force, cette majesté. Il n'y a rien à dire. Qu'à regarder.

    La peau du monde, qu'elle soit neige, eau, herbe ou terre, la peau du monde impeccable me ramène à toi.

    Je reste vide. Sans matière. Transparent alentours. Il me semble, ma mort sereine, que les joyaux resteront sous verre et que je visiterai avec tant d'autres encore les palais aux volumes immenses.


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  • J'ai frémi. Je me voyais là, avec cette personne essayant de me faire cracher le morceau, de me faire sortir de mes gonds.

    Je me voyais dans cette peur du retranchement, des abris mous derrière lesquels il n'est pas possible de se cacher ou de se protéger. Etre mis à nu. Mise à nu illusoire. Mais peut-être n'est-elle que le prélude à des naissances nouvelles, des désencombrements, des déshabillages, des incisions dans cet ego pluriforme. Arg !

    Peur. Truc au ventre. Attirance. Répulsion. Amour et haine. Peur d'être le meurtrier, de me mourrir moi-même.


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