Dans ma bière, ma belle bière, il naît des bulles. Il pleut à l'envers, pour ainsi dire. Il y a une sorte de course à l'oxygène où chacune se bouscule pour arriver la première à la mousse libre.
J'ai 31 ans et je regarde une blonde pour la première fois bien au fond des yeux.
Y a comme des grappes, des sortes de petits troupeaux vivant et mobiles Ca va vite. Y a comme des couloirs invisibles dans lesquels les bulles se bullent. J'aimerais dire qu'elles laissent faire l'apesanteur, mais c'est une contre-pesanteur qui les attire inexorablement à la surface de la bière, puis de ma lèvre.
Cruel sort de la bulle qui redescend dare-dare au fond des gorges à mon estomac. Mmmmh, mon cou gorgé de bière !
Sur ma langue, ça fait "skipulli-skipulli" lorsqu'elles rendent âme et goût. "Skipulli-skipulli", le bruit de la (gorgée de) bière.