Dans ma bière, ma belle bière, il naît des bulles. Il pleut à l'envers, pour ainsi dire. Il y a une sorte de course à l'oxygène où chacune se bouscule pour arriver la première à la mousse libre. J'ai 31 ans et je regarde une blonde pour la première fois...
Je respire pour la première fois de la journée. J'ai marché beaucoup, mais je n'ai pas avancé d'un pouce. Je pense à elle. A l'Italie. A son Italie. Mes rêves. Ce qui reste possible. Vivant. Sublime. Je me revois. Je pense à ce que je dirai vendredi....
Dans la foule qui va, dans celle qui vient, dans les pas qui se roulent, les jeunes, les femmes -toutes aussi belles- je reste dans un écart de temps. L'inspir. Quelques heures d'un répit que j'aimerais plus souvent. Le répit. La fumée bleue. Les rêves...
Les bras tendus pour la recevoir,la mer, à la chevelure fine,à l'onde si mince qu'elle infime, la mer s'étend, elle soupire d'aise,elle s'en va, elle se glisse jusqu'au nouveau contient. La mer me berce, me noie lentement,elle me fait son prince immobile....
Dis-moi. Non... ne dis rien. - [ ] séparer nos corps se laisser renaître iI est l'heure de se faire neuf et de réapprendre à compter sur soi-même. Un. Deux. Toi. J'ai compté sur toi, j'ai compté chacun, je t'ai compté sur mes doigts sur la pointe des...
C'est la bise noire qui change l'eau en lac. C'est elle qui confond les couleurs, c'est elle encore qui pousse le monde qui roule. Elle donne le froid, la première bise d e la saison. Elle est vive et me ramène à ce peu de chaleur qui vibre en moi. J'avais...
Il y a la poésie sur ma tête. Je la laisse pleuvoir. Je laisse vivre les univers si proches. Je n'écris pas tout. Je profite de profiter. Dommage, peut-être. Dommage, peut-être pas. Ce dont j'ai besoin : laisser la conscience intérieure écouter ce que...
Je ne peux m'arracher à la ville à ce rail à cet orange aux lumières spéciales, à cette chaleur silencieuse. J'ai soufflé sur le parfum des roses. Elles m'ont prêté ton haleine. Un papillon : tes baisers. Et je suis resté là. Simplement. Je suis resté...
Ce que j'ai su, je le vois : la peau, l'enveloppe après le carnage. Des membres qui bougent, mais sans l'ombre d'une âme qui vive. Corsaire, corsage, vipères, regards. Je m'abreuve à ton bassin insolent. Tout brille. Ton regard et ta peau. Le ciel, le...
J'ai lu des trucs qui parlent du trafic motorisé, autorisé, des galaxies, du trafic de trafics, des choses au noir, au gris, des couleurs un peu glauques de la colonie Blogg-glandes. C'est Conteurs vs Compteurs. Des choses...
Voilà que je rencontre Gabrielle. J'ai écouté ce que j'ai vu au Cygne, un signe. Tout ce qui s'en va. Cette atmosphère spéciale. L'eau visqueuse. La source du Flon. Les métiers d'hommes. La forge, le cœur, le laisser aimer. Ne penser qu'à rien. Astuce,...
De la lumièrej'ai vu le jour,couleur blanche,verveine délicatela peau du bras. L'histoire ouvreplus encore,et je reste les yeux des épongesà la chaleur du monde. Un peu seul,seulement là,mes petites lainesune cage en verre,à l'endroitqu'elle pose à peineet...
J'ai frémi. Je me voyais là, avec cette personne essayant de me faire cracher le morceau, de me faire sortir de mes gonds. Je me voyais dans cette peur du retranchement, des abris mous derrière lesquels il n'est pas possible de se cacher ou de se protéger....
Ce n'est pas sûr que j'aurais choisi ce bord pour me reposer, pour me séparer de cette ambiance pesante. C'est pourtant là que je devais être. C'est là que j'étais bien. Un peu en l'air, mais à hauteur des autres. J'ai écouté l'asphalte, les bruits d'air,...
Les symphonies magnifiques, tout existe. j'étais là les symphonies magnifiques, ma main dans ta main dans la tienne, peut-être ta douceur sur mon corps je t'ai trouvé la maîtrise nécessaire, le don de l'accomplissement je t'ai trouvé univers dont je soupçonnais...
J'encre ma couche au ciel d'un noir que ne sont pas mes rêves. Bien au contraire. Ils sont lumières vivantes, messagers tellement clairs que mes yeux se voient dedans. J'encre mes mains dans ma couche et dessine des nuits nouvelles, des poèmes que je...
Je sais. Enfin, je sais. Je ne doute pas, en cet instant, des pensées qui m'avaient parues si vaines avant-hier. Et j'ai aimé le voyage à pieds, par les allées sombres, les feuillages dans le souffle chaud, l'atmosphère enfin avenante. Je me suis arrêté...
Des cimes aux voix anciennes, des ombres et monts, des chœurs aux bois brûlants, des cœurs aux saisons sèches, je bois, rêve de boire tant et plus que je garde le souvenir de la soif gravée dont personne ne veut et qui me revient toujours. La mort est...
Sable. Insaisissable. Les mots que l'on regarde à peine. Avec des mots sourds, on ne peut rien comprendre. Soi compris. Comme des notes que l'on écoute à peine, ou rien du tout : Pas un regard de sens. Comme la femme que j'ignore, sans un regard. Les...
Toutes les merveilles sont à porter. Il suffit de tendre le bras. Les bras. Il suffit d'être attentif pour que chaque chose se passe. Et l'enfant, et la fille, les énergies subtiles, l'amour suit le chemin le plus court. Je sais. Je sais encore. Tout...
Elle m'a parlé des lunes, des astres pas si lointains, des raisons improbables et pas tellement nécessaires pour mettre en selle un projet. Je crois qu'elle sait forcer. Qu'elle est effectivement ce que je vois d'elle. Elle sait que ça fait partie de...
Le grand café de la rue policière, la lune tendue comme un arc [où] dans une fronde qu'elle se pose, à côté du Mozart sur la courbe d'une pierre une lèvre près de la mienne ce regard dans le mien : - Tu veux faire l'amour? C'est tellement simple. naturel,...
Il souffle. Il y a vent ou l'autre. Je ne fais aucune différence. C'est froid. Les arbres ne se plaignent point. Ils plient. Ils souplent. C'est simple. Ils montrent le verso des feuilles à la verticale. Un peu plus vert clair qu'à l'endroit. Comme des...
La ville est morte. Enfin vide. Pour dire. Elle a de l'homme et de la femme le meilleur. Pour mon oeil et pour mon coeur. Pour mon oeil, et pour ma main que je presse dans la sienne. Pour la main que je presse et dont je bois le jus. Le jus de main. Matin....
Tout est bien, il me semble. Et l'amour absent, les attentats et les bombes. Le vol. La conscience qui perdure. Les peines. Tout est bien. La faim du monde, assez silencieuse pour ne pas réveiller trop d'amertume. Tout. Tout est bien. Rien n'est assez...